Plus que jamais, en effet, nous sommes convaincus que le livre et la lecture publique demeurent les clés d’accès à la culture en général, et permettent de lutter contre les inégalités culturelles, de provoquer rencontres et échanges, de tisser du lien social.

CONCOURS "des mots pour dire demain"

Dimanche 25 janvier 2009



ETABLISSEMENT
: Cité scolaire d'APT - académie AIX-MARSEILLE
PROFESSEURS :   Isabelle LIEVELOO - professeur de Lettres Classiques - lycée -
                         Claudine OLIVAIN - professeur Lettres modernes - collège-
                         Catherine HERGIBO - documentaliste
INTERVENANTEDanielle BRUEL - formatrice en atelier d'écriture -
association "le goût de lire en pays d'Apt "

PUBLIC : 18 élèves de la 4ème à la terminale




DES MOTS POUR DIRE DEMAIN :
AILLEURS - CAPTEUR - CLAIR DE TERRE - CLIC - COMPATIBLE -
DESIRER - GENOME - PERENNE - TRANSFORMER - VISION

Lui, au milieu de quoi ?
Des pêches, des pieds, des…
Et lui, il crie des mots pour dire demain.
Un mot peut-être. Ta gueule, il dit.
Ta gueule au monde qui s’entretue.
Les zigouigouis de son cerveau qui s’enfuient, libres, ils les hurlent.
Plus aucun contrôle. Ta gueule le monde !
Ça suffit.
C’est bon, c’est fini, arrête.
Demain peut-être je ne serai plus là, tu continueras de mourir.
- Natacha -



J
e ne sais pas si les yeux bridés rétrécissent la vision des choses.
J’ai toujours eu des yeux amandes et pourtant…
Je vois.
Je vois que les autres sont aveugles.
Incapables de regarder la vérité qui blesse, qui souffre du silence des arbres.
On dit que les nez plats ne laissent pas passer l’odeur.
Par conséquent, je sens. Je hume.
Je transpire une odeur de chagrin d’hiver, une odeur de vieilles charentaises restées
dans le placard.
Mes oreilles sont si minuscules, comme deux oisillons déployant leurs ailes pour la
première fois, comme aspirées dans le prolongement de mes yeux fins.
Et pourtant. J’entends. J’entends des mots qui disent demain, des mots qui
font battre un espoir dans les veines de ma peau abîme.
Oui, mon teint est pâle, mais je vois rouge à présent !
« Encore plus que le bruit des bottes, je crains le silence des pantoufles »*
Légumes verts et fades.
Moutons rêches et dominés.
Qui ne sentent pas, n’entendent pas, ne voient pas.
Mais qui ont un goût. Un goût de pierre. Le même.
Goût que j’ai suffisamment expérimenté pour aujourd’hui.
- Louise -
 *Thierry van Humbeeck



U
ne masse sombre et oppressante au-dessus d'une marée de suffocantes plaintes,
un troupeau de bêtes humaines parquées comme ce fut le cas dans les années de
seconde guerre mondiale, un air irrespirable. La mort et la fin se reflètent dans des
yeux aveugles qui recherchent vainement la lumière. Elle est inconnue, trop
douloureuse. Tout comme la peine qui les empêche de murmurer des mots pour
dire demain. Plus de souffle, plus d'espoir. Plus de liberté, plus d'avenir. Juste la
chaleur étouffante d'un entassement de corps affamés mourant à petit feu dans la
pollution de leurs rêves déchus.
- Alleksyah -



U
n visage dans un tas de personnes silencieuses et banales. Il crie. Il crie son coeur,
il crie sa vie, son désespoir et ses amours. Il crie des mots, il crie SES mots, des
mots qui dénoncent, qui rêvent, des mots pour dire demain. Il crie, entouré de cette
masse difforme de personnes sans cervelle ni opinion. Il crie. Un cri qui déchire le
ciel pour atterrir dans l'oreille d'un oiseau qui le diffusera jusqu'à sa prochaine
colère. Il crie. Faites pareil, ça détend.
- Sonia -



C
omme le dit la chanson: "il y a un monde ailleurs". Je dirai plutôt, il y aura un
monde ailleurs. Bien mieux peut-être que celui dans lequel nous déambulons. Mais
aussi probablement plus triste et plus sombre, où nous serons indifférents aux
nouveaux rayons de soleil mécaniques de printemps qui frôleront uniquement
quelques vieux capteurs rouillés d'un temps perdu. Un monde autre... pas celui des
rêves où nous plongeons perpétuellement pour nous évader d'un univers déjà bien
noir, mais un où le clair de terre illuminera nos nuits avec quelques "clics"
involontaires d'interrupteur de soleil. Un compromis ne pouvant être compatible
entre lumière et obscurité que personne ne désire, mais dont les génomes finiront
par s'accommoder. Plus de saisons, juste une monotonie pérenne sous le feu d'une
boule de lumière artificielle prête à transformer notre vision d'un monde idéal.
- Alleksyah -



A
illeurs mon
Bonhomme il te faudra un
Capteur et quand la lune sera pleine
Tu prendras tes génomes n’oublie pas les égarés
En un clic, tu te sentiras compatible
Montre-toi toujours pérenne, le clair de terre en bandoulière
Ailleurs mon bonhomme tu apprendras
À transformer ta vision du monde
Tu apprendras à désirer autrement
- Claudine -



M
ON AILLEURS, c'est...
Les rideaux sont tirés
Les lampes allumées.
Les pieds chauffés par les flammes
Le dos bien calé dans mon fauteuil
Isolée du monde où l'on peut s'entretuer, qui peut s'écrouler,
Je commence à lire...

Je suis l'amoureuse qui se pâme
L'aventurière qui n'a peur de rien
La putain au grand coeur
L'adolescente tourmentée
Je vis leurs vies, leurs rêves et leurs révoltes
Portés par les mots qui pèsent ou qui allègent.

Je suis tous mes écrivains préférés
Erri de Luca au regard d'enfant
Franz Kafka terrorisé par son père
Russel Banks et Jim Harrisson dans leurs grands espaces et leur folie sans
limites

Ma vie m'intéresse
Mais plus encore, peut-être, celle des autres
Ces êtres de papier plus réels que réels
J'aime les grands destins et les livres qui ont du souffle
Qui ouvrent des horizons
Qui emportent loin, ailleurs...

Ailleurs qu'au travail
Ailleurs qu'à la maison
Ailleurs que dans la vie quotidienne
Là où on vit plus fort, où l'on est plus humain.
- Catherine -



D
es mots pour dire demain
Une vision d’extraterrestre, quelqu’un qui rit en cascade, sans même s’apercevoir
de l’allumette, là. Quelque part dans sa pupille droite.
C’est qu’elle est heureuse de vivre. Mais de vivre quoi ? Son lendemain sa minute,
son instant ?
Accroupie sur le nénuphar blême, en roulant des yeux d’un mouvement pérenne –
des yeux globuleux qui tournent, tournent comme de grosses billes froides – une
grenouille. Un crapaud. Un mouvement de cervelle visqueuse, une langue
souple…Clic clac. A plus, la mouche.
Est-elle heureuse de vivre ? Et la mouche, était-elle bien dans sa peau de
bzzibzziteuse ?
Demandez à Barbara. Mais un crapaud a-il des reins ?
Ailleurs et maintenant, croque-mort sans coeur.
Chut.
Est-ce que le génome pousse en Afghanistan ? Est-ce que la poudre qui fume, qui
valse, qui crache, est compatible avec ces types de plante insensibles à la sensibilité
et sensible à l’insensibilité ? Est-ce un bon engrais pour le génome encore jeune et
vaillant ?
Transformer le clair de Terre en Dark Mother of the space est-elle notre raison de
désirer ?
Allez-y, branchez des capteurs sur ma tête, ne vous gênez pas, le crapaud restera
crapaud. Arrosez le génome et restez tranquilles pendant mon absence.
Je reviendrai demain.
- Louise -



D
emain, c’est ailleurs
Ou ici mais transformé
Les habitudes, toujours les mêmes, pérennes.
Et si différentes puisque ce sera demain.
Aujourd’hui clair de Lune.
Demain clair de Terre.
On désire le futur, demain.
Mais là où on arrive
Ce n’est pas compatible avec l’idée qu’on avait.
Demain, le futur lointain, ou demain samedi ?
Tout dépend de la vision qu’on a.
Peut-être que demain, « génome » sera…
Un nom de famille courant, imaginez par exemple Louise Génome.
Peut-être que demain,
Tout se fera en un clic
Capteur.
Un mot comme ça.
Demain, je saurerai peut-être où le mettre celui-là !
- Natacha -



D
emain pour dire des mots-maux
Un capteur gluant s’infiltre dans mes génomes affaiblis
Déjà je suis pérenne, oui, pérenne, car c’est ce mot que le capteur a tatoué en
moi
Ni perpétuel ni éternel
Pérenne du latin perennis qui dure un an
Dans un an donc, en un clic, transformée en vision
Il me restera :
Un clair de terre compatible
Un ailleurs qui se désire
Et finis les maux causés par les mots.
- Claudine -



D
emain, mon ici sera ailleurs, transformé en lointain. Loin de l'ici d'aujourd'hui qui
sera l'éloigné du là-bas. Le mouvement pérenne du "plus on s'approche plus on
s'éloigne" tourne en rond, fait les 100 pas. Le clic incessant de l'interrupteur jour
nuit déclanche un magnifique clair de terre qui trouble ma vision du monde, de
l'atmosphère et de mon génome qui boite. Un capteur de pensée désire se plonger
sur mon calendrier, mais il n'est pas compatible avec mes années qui s'entassent,
m'enlace et la lasse.
- Sonia -



A
ujourd'hui nous sommes le demain d'hier.
Celui où je te désire, mais où je ne t'aime pas.
Celui où tout est clic-clac et où tout n'est que bric à brac.
Notre génome est tel que nous ne sommes pas compatible.
Je suis d'ailleurs et toi d'ici.
Je suis au clair de lune une vision soudaine comme toi au clair de terre une vision
polaire.
Je suis l'été et toi l'hivers et au-delà de ton capteur d'erreurs où tu te transformes en
miracle, moi je me ridiculise en parlant à Richard.
Toutes mes paroles s'entremêlent et créent ces quelques lignes incompréhensibles
où je me noie, car seul, accompagné de mes pensées soudaines, je suis prise de ce
frisson pérenne !!!
- Célia -



L
'âge d'or
Nous aurons de clairs matins baignés de clairs de terre
Et nous serons toujours amoureux toi et moi
Compatibles pour la vie
Et
Unis au-delà du clic de la mort.

Ton capteur captera en moi
Le meilleur de mes ailleurs
Et
Pour toi je transformerai
Tes visions de terreur en visions de douceur…

Tout naturellement
Nous désirerons un enfant tout frétillant de génomes
Et
Nous le ferons illico
Pour que notre désir reste pérenne
Dans les siècles des siècles
Amen.
- Catherine -



2054 la nuit
Face au cratère     une fenêtre est ouverte     clair de terre scintillant
sur le cratère         clic                                 ce qui claque
ce n'est pas le capteur de température            c'est
moi
Où ?
Ailleurs                 je ne sais ou                     ailleurs
Je me vois            réellement me transformer - vision pérenne - hors de moi
Ce matin
je suis ici et
je ne suis pas ici
compatible mes génomes avec ce nouveau monde
Et aussitôt je m'en vais
rejoindre un autre ailleurs et                         désirer l'univers
- Danielle -




Des mots pour dire demain, rebondissant sur les crânes rasés hérissés des chevelures renaissantes. Criés par une voix, la voie formée par ce tout, cet ensemble, cette unité. Les mots ont mis longtemps à se préciser dans chaque parcelle de l'esprit, ils ont gonflé et ont éclaté la bulle silencieuse, dévoilant la vérité du tout. Ces mots: un cri, timide et clair résonnant dans chaque attente, la comblant afin qu'elle puisse se renouveler.
 - Marianne -



Tous des moutons, tous ressemblants. Pour se distinguer des autres et passer inaperçu dans la masse des corps bougeant à l'unisson. Se forcer à s'imaginer le même pour être accepté. Quoi de plus dérangeant qu'une tâche de couleur dans un monde en noir et blanc, comme une mauvaise herbe à arracher, irradiquer, faire disparaître. Être soi-même est impossible. Pourtant, quelque part, le son d'un tambour existe pour chacun, inaudible par les autres. Suivre son propre battement, respirer à contre-temps ; différence, un mot pour changer demain.
 - Marion -



pfffff. Vraiment cette image ne m'inspire pas. En la regardant je vois la mort et la douleur. Pour moi ce ne sont pas des mots pour dire demain. Pour moi demain ce sera vie et plaisir. Quoi de mieux que de passer la journée à Marseille avec mes parents et des amis, d'aller manger une bouillabaisse et de flâner sur la plage? Demain je serai libre et non oppressée, demain je serai heureuse et non triste. Demain je serai en vie tout simplement.
- Anais  -










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