Plus que jamais, en effet, nous sommes convaincus que le livre et la lecture publique demeurent les clés d’accès à la culture en général, et permettent de lutter contre les inégalités culturelles, de provoquer rencontres et échanges, de tisser du lien social.

Soirée-rencontre tout public :
Séance de signature

A propos de ma venue à la Cité Scolaire d’Apt les 2, 3 et 4 février 2009.
Un vrai bonheur que de se retrouver au-devant d’élèves curieux, attentifs, pressants de questions, avides de réponses… Enfants de primaires de différentes écoles, ayant lu Sissi-Pieds-Jaunes, l’Oca, La Berge Haute, La Bielleuse ou les Rousses… Pertinence des questions qui vont du général à l’intime… Ouverture de paroles sur la nécessité de prendre parole en public, donc d’inventer encore et encore le théâtre… Et qu’ils en ont à dire ces enfants ! Sur le monde, la famille, la souffrance ou le rire. Il ne faut pas leur en conter !!! Auteurs, ils en auraient à dire, des vertes et pas mûres…
Rencontres avec des élèves de collège ayant lu Kaïna-Marseille… Les voilà bousculés, ces jeunes, émus, autant par le monologue de cette jeune femme, Mamata, qui, arrivée en France connaît la violence de ce monde, que par le sort réel des sans-papiers, venus en France pour trouver un asile… Un asile ?
Là aussi, discussions intenses : Que dire – et montrer - au théâtre ? – Kaïna-Marseille a fait l’objet d’une polémique - Que sont-ils prêts à entendre ? Et c’est là que l’on voit qu’il n’y a pas de peur chez ces jeunes, surtout pas une peur de la littérature, mais une soif immense de comprendre, de savoir, de connaître. Alors, oui, lire devient une aventure, et le théâtre un partage.
Pour moi, auteure, c’est un immense bonheur que de se retrouver devant « son » public. Lecteurs ici. Spectateurs demain. Je m’en retourne, avertie de leur envie que nous continuions, nous, poètes, auteurs, à parler le monde pour qu’eux, jeunes, sachent mieux le comprendre, l’aborder. Le changer ? Pourquoi pas ?
Alors merci à tous, enseignants passionnés, documentaliste dévouée, et amis du Goût de lire, de faire ce précieux travail de rencontres et d’échanges. Nous nous quittons tous plus riches, en ce lointain compagnonnage qui demain nous dépassera. Car transmettre le goût de lire, c’est ouvrir la parole et lutter contre l’effroi du silence.
Catherine Zambon